Des canicules à répétition, des sécheresses records ou des sols qui s'épuisent. Ces phénomènes étaient souvent associés à l’ailleurs mais concernent désormais aussi la France. Des Pyrénées-Orientales à la Guadeloupe, la désertification progresse silencieusement.
Pendant que les regards se tournent vers les incendies, les vagues de chaleur ou les pénuries d'eau, une autre crise avance plus discrètement…Celle des sols.
La désertification et la dégradation des terres concernent près de la moitié de la population mondiale. Pour le dire autrement, tous les continents sont aujourd’hui touchés par ce phénomène.
Contrairement aux idées reçues, la désertification ne signifie pas que le Sahara avance jusqu'en Europe. Selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, elle correspond à une dégradation durable des terres dans les zones sèches.
Les conséquences sont multiples : baisse des rendements agricoles, diminution de la biodiversité, perte de capacité à stocker l'eau et le carbone, fragilisation des territoires face aux sécheresses et aux épisodes climatiques extrêmes.
Entre 40 % et 75 % des terres mondiales sont déjà dégradées.
En 2024, La France s'est déclarée pour la première fois "partie affectée" par la désertification: 1,4 % du territoire français, répond déjà à la définition internationale de la désertification. Le Comité scientifique français de la désertification estime que près de 77 % des sols français présentent aujourd'hui des signes de dégradation. L'évolution est particulièrement spectaculaire en Occitanie : depuis 1960, la superficie moyenne touchée par la sécheresse y a triplé.
Les experts insistent sur le fait que les sols constituent l'un des plus puissants alliés contre le changement climatique. Pourquoi ?. Parce que les sols stockent trois fois plus de carbone que l'atmosphère et près de trois fois plus que l'ensemble de la végétation mondiale.À l'inverse, lorsque les sols se dégradent, le carbone qu'ils stockent est relâché dans l'atmosphère, alimentant un cercle vicieux qui accélère encore le réchauffement climatique et les sécheresses.
Les scientifiques rappellent que la désertification n'est pas irréversible. Des solutions sont évoquées : le maintien d'une couverture végétale permanente, l'apport de matière organique dans les sols, l'agroécologie, l'agroforesterie ou encore une meilleure gestion des ressources en eau. Mais surtout le pastoralisme durable. Bien encadré, l'élevage extensif contribue à entretenir les paysages, limiter certains risques d'incendies, favoriser le recyclage des nutriments et enrichir naturellement les sols.
Source: lepetitjournal.com












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